Des romans jeunesse, il s'en
publie des dizaines chaque année au Québec,
mais celui que les quelque 400 élèves de l'école
Gabrielle-Roy de Boisbriand ont entre les mains depuis le
16 juin dernier est véritablement à mettre dans
une classe à part.
Une intrigue à rebondissements
se déployant sur huit chapitres, suivis de deux textes
de chansons originales, À la recherche du contraire
a été mis en forme par l'écrivain et
spécialiste de l'écriture collective, Jacques
Foucher, en étroite collaboration avec quinze groupes
de jeunes inscrits à Gabrielle-Roy lors de la dernière
session.
Impliqués à chacune
des étapes menant à l'écriture d'une
uvre battant le thème de la survie de la Terre,
ce sont eux qui ont donné vie à la trame du
récit, aux personnages, aux mots et aux illustrations.
Comme des pros, ils ont aussi peaufiné ensemble un
texte qu'ils ont littéralement vu naître petit
à petit sous leurs yeux.
Sous la houlette animatrice de M.
Foucher, c'est en puisant d'une classe à l'autre et
chapitre après
chapitre que l'histoire fantastique
de Karine et d'Henri s'est construite en gardant le fil de la
cohérence. Par la suite, c'est par concours que le titre,
les illustrations intérieures et celle ornant la page
couverture ont été choisis. Amorcée en
janvier 2003, il s'est écoulé six mois entre le
début de l'aventure et le lancement officiel des 2000
exemplaires de ce roman bien spécial. «J'ai développé
une méthode de création collective simple et tellement
efficace qu'elle fonctionne à tout coup», indique
M. Foucher qui a flairé le potentiel créatif en
dormance dans les écoles du Québec alors qu'il
participait aux tournées des écrivains avec sous
le bras sa guitare et son roman jeunesse paru aux éditions
Boréal, sous le titre Les secrets de l'ultra-sonde.
La découverte est alors d'une telle importance qu'elle
mène cet avocat de formation à quitter en 1997
la greffe municipale de Châteauguay pour s'adonner à
temps plein à une passion mariant littérature,
musique et un brin de marketing.
En rétrospective, ce père
de neuf enfants avoue que le virage n'a pas été
de tout repos, mais qu'en bout de ligne, il a finalement
visé juste en misant le tout pour le tout sur la créativité
des jeunes. La prochaine étape il la voit dans la mise
sur pied d'une fondation dédiée aux écoles
désireuses de publier les créations littéraires
de leurs élèves.
Gabrielle-Roy est la cinquième
école au Québec et la première dans la
région à avoir mené à bien un projet
littéraire de cette ampleur et aussi de cette qualité.
Selon l'écrivain et motivateur, le succès de l'entreprise
est d'abord dû à l'implication conjuguée
des parents, de la direction et du personnel enseignant tout
au long de cette entreprise dont tout le monde semble être
sorti gagnant.
L'histoire ne finit toutefois pas là.
En effet, d'autres projets sont déjà dans le collimateur
pour l'automne. «Vu le succès remporté par
la composition collective de chansons, on souhaite en écrire
d'autres et produire un disque. Une demande de subventions a
été faite à cet effet et nous nous croisons
les doigts», a indiqué le directeur de l'école
Gabrielle-Roy, Patrick Forcier.
Sources:
Le même article
a paru dans les deux hebdomadaires suivants publiés à
Sainte-Thérèse (près de Montréal)
et distribués dans une vaste région située
au sud de l'île de Laval: La Voix des Mille-Iles, le 27
août 2003, en page 37 et La Concorde, le 27 août
2003, en page 36.